Le plan France Numérique 2012 vient d'accoucher d'une Marque et d'un Label:
"Haut Débit pour Tous"
qui fait l'objet d'un site internet dédié.
Pas mal de sites en ont déjà parlé :
aussi je ne reviendrai pas sur les caractéristiques principales de ce "label" déjà abondamment commentées ...
Ce billet se contente de faire un "focus" autour des points suivants ...
A- Les critères "performances" à satisfaire, sont TRÈS peu ambitieux, et la définition du Haut Débit que contient le texte de référence, est un ersatz de haut débit, NON symétrique, NON compatible WEB 2.0, même pas adapté à l'envoi par "mamie pas branchée" des photos du "petit en vacances chez elle..." :
- territoire : un ou plusieurs départements (en totalité)
- 512 Kbits/sec minimum DL, 96 Kbits/sec minimum UL
- limitations en volume : 2GO DL, 300 MO UL
NB :
- le RE-ADSL de FT est exclu d'office : 512 Kbits/sec max ...
- En l'état, je ne vois guère que les offres satellites pour y satisfaire (sous réserve d'aménagement des CGV/CGU, et d'acceptation du dossier d'agrément)
- aucune offre n'est aujourd'hui labellisée.
notamment avec des exceptions (bien "laxistes" pour les FAI en défaut) à la clause de couverture à 100%, pour les offres hertziennes, sont les suivantes :
- à la condition "de bénéficier d’une vue suffisamment dégagée",
- pour cause de "proximité d’une source électromagnétique puissante"
- pour cause de "règles d'urbanisme locales"
Point positif, cependant, à souligner mais il faudrait être plus exigeant et écrire :"dès la vérification d'éligibilité", en lieu et place de "dès que possible", quitte à ce la vérification finale se fasse suite à "pré-visite de site" par l'installateur. SVP ! :
Extrait du texte Lorsqu’un client se trouve dans une situation relevant des trois cas cités précédemment, l’opérateur l’informe dès que possible de sa situation et s’engage à rembourser intégralement et sans délai les frais qui auraient été engagés par le client non desservi.
B/ Le label aboutit de fait à une certaine "Non neutralité" des offres :
- restrictions en volumes de téléchargement vs "jeux en réseau, P2P, visualisation prolongée de vidéos" ... et les mises à jour logicielles !?
- service de téléphonie avec "flux différenciés"
- fichier de taille raisonnable : 1Méga Octets
C/ des points importants, sur les quels j'avais pourtant insisté dans ma réponse à l'AMI (Appel à Manifestation d'Intérêt" ) de la DGCIS, et rappelé dans un billet en date du 22 octobre ont été " oubliés" :
- Qualité du Service Client (disponibilité, couts d'accès, compétence, capacités d'intervention locales ...)
- Antériorité du FAI (absence de "casseroles" dans ses déploiements et références antérieurs, A LIVRER lors du dossier de demande de labellisation, ...)
- Le Label sera-t-il utilisable sur DSP ?! ie sous condition de révision des dites DSP (par avenant aux cahiers des charges) si "périmètres territoires et engagements de couvertures" différents ... Ceci dans l'idée de "recadrer" les conflits usagers / FAI / délégataires / délégants ... qui subsistent sur ces DSP ...
- que deviendra ce label, cette marque, une fois rendu le rapport prévu dans le cadre de la Loi Pintat (cf autre billet, lié à l'amendement n°30) ? Ce label est-il, comme Hadopi2, un texte "mort né" ?! Était-il bien nécessaire de le publier ?
- Quid de ce label, si un service universel du Haut Débit voyait enfin le jour...
- Quid de ce label, une fois connues et synthétisées les réponses à la consultation "Montée en Débit" de l'ARCEP ?! ...
En conclusion, je dirai "Haut et Fort" qu'il faut ARRÊTER de considérer, que les non élus du Haut Débit sont forcément des retraités, des paysans ou des cas sociaux... :
- Les territoires ruraux (ou non, d'ailleurs) Non éligibles sont aussi peuplés d'actifs, de libéraux, de paysans consommateurs de NTIC, de TPE ... qui ont, comme les autres, besoin d'un haut débit symétrique et de qualité,
et que ce n'est pas le lobbying "éhonté" de certains grands acteurs (le jour même de la publication de l'AMI par la DGCIS, ORANGE en premier publiait un "communiqué" cadrant "au bit près" le cahier des charges mis en consultation ...) qui me fera reculer, dans ma dénonciation des "spécifications actuelles" pour l'obtention de ce label !
M. LOMBARD, M JANET, trop c'est trop !! Après la charte des départements innovants, le pack WIFI SURF, l'offre NRA-ZO, la solution de Ré aménagement de la Boucle Locale (solution 1 de la consultation en cours sur la "Montée en Débit" de l'ARCEP), voilà maintenant le coup, fatal, de l'offre satellite labellisée "Haut Débit pour Tous" ... Heureusement, sur ce coup vous (ORANGE) êtes mauvais, car l'offre Tooway/EUTELSAT, même contestable, est meilleure que la vôtre !!
J'avoue que je ne comprends pas tout de ce que tu dis.
En l'état actuel de ma compréhension : Ce label serait une espèce de soupape dont l'objectif serait de décharger les colères individuelles les plus violentes. Autrement dit : un leurre (dans la logique du débat sur l'identité nationale).
Rédigé par : GARRIGUES Bernard | 06/12/2009 à 18:24
Voilà un Label "Rouge" qui légitime le satellite comme réponse au besoin exprimé par les exclus du VRAI haut débit. En vérité il me fait voir "Rouge" car c'est une non réponse à ces besoins.
Par exemple :
Je suis éducateur au Centre d'Education Motrice (CEM) de Montrodat (Lozère).
L'établissement reçoit des jeunes handicapés moteur de 6 mois à 25 ans. Les pathologies sont diverses et variées, aussi, se côtoient des niveaux intellectuels très différents.
Nous disposons d'une dizaine de classes sur site avec des instituteurs "spécialisés". Donc en très grande majorité les programmes scolaires sont du niveau primaire. Mais il y a un certain nombre de jeunes qui pourraient bénéficier de cours de niveau secondaire, mais :
* le CEM est à 7 Km de Marvejols (Collèges et Lycées),
* les établissements scolaires ne sont pas forcément bien adaptés en matière de déplacements pour les personnes à mobilité réduite,
* nos jeunes ont un programme de rééducation important mobilisant beaucoup de temps, et difficilement conciliable avec des emplois du temps scolaires en milieux ordinaires.
La mobilisation en termes de moyen est telle que les bénéficiaires sont rares.
Si le CEM était équipé pour de la visio-conférence, les jeunes scolarisables dans certaines matières pourraient bénéficier de ces cours à domicile, cela leur éviterait :
* des déplacements,
* des pertes de temps,
* de la fatigue.
Le CEM gagnerait :
* en frais de transport,
* en disponibilité de personnel,
* en perte de temps.
Sans compter l'économie en carburant ... CO² ...
Sachant que le quartier où est implanté le CEM n'est pas éligible à l'Adsl, le CEM a négocié un "bidouillage" avec France Télécom et nous disposons de 124 Ko (dernière mesure faite à l'aide de Dumeter)
QUESTION :
Ce Label nous donnera-t-il les moyens nécessaires ?
Rédigé par : Paul Honnorat | 06/12/2009 à 23:15
Oui c'est un leurre, encore une fois le lobbying de l'opérateur historique fait son chemin... nous avons les mêmes problemes dans le Jura : http://www.net-village.org et http://lutte-contre-56k.blogspot.com
Rédigé par : Pascal Minguet | 07/12/2009 à 09:54
Difficile d'envisager une labellisation d'offres FAI sur des réseaux d'initiative publique ayant mis en plac des "opérateurs de gros WIMAX et/ou WIFI", car rares sont les territoires de niveau "département" où les DSP ont prévu dans leurs cahiers des charges une couverture à 100% du dit territoire (ces DSP visant en priorité l'accès en haut débit pour les seules zones blanches ...) C'est dommage car ce label aurait permis d'encadrer le comportement de certains FAI, et les relations parfois tumultueuses entre Opérateur de Gros et FAI ...
Seule exception peut-être le département de la Manche (à vérifier ...) mais l'accessibilité à Haut-Débit Internet là bas justifie-t-elle encore l'octroi d'un label pour être ... "crédible" ?!
Rédigé par : mlb9146 | 08/12/2009 à 17:24